Communiqué intersyndical : Photographier, ficher, intimider : ça suffit !

Organisations syndicales signataires : 

CGT éducation 13 - SE-UNSA  13 - SUD éduc 13 - SNFOLC 13 - FSU SNUipp 13 - CFDT Education 13 - 

 

Alors que les lycéennes et lycéens se mobilisent depuis plusieurs semaines, avec les personnels et leurs organisations syndicales, contre les suppressions de postes et la dégradation de leurs conditions d’étude, nous apprenons des faits d’une gravité exceptionnelle.

Le 26 mars 2026, lors d’un rassemblement devant la DSDEN des Bouches-du-Rhône, des élèves ont été photographié.es, puis identifiés à la demande de l’inspection académique, avant que leurs familles ne reçoivent un courrier les mettant en cause au nom de l’obligation d’assiduité scolaire.

Ces faits sont aujourd’hui confirmés publiquement par le DASEN lui-même.

Ces méthodes sont inacceptables et constituent une dérive autoritaire grave.

Sur la forme, ces pratiques relèvent d’une logique de surveillance et de fichage de mineurs, indigne du service public d’éducation.

Sur le fond, elles traduisent une volonté d’intimider des élèves engagés, plutôt que de répondre à leurs revendications légitimes.

L’Éducation nationale n’est ni un service de renseignement, ni une annexe du maintien de l’ordre.

Former des citoyennes et citoyens libres, éclairés et capables d’esprit critique ne peut passer par la peur, la pression ou la menace.

En s’attaquant à des lycéens mobilisés, l’administration franchit une ligne rouge : celle qui sépare l’éducation de la répression. Notre Dasen, qui a refusé les demandes d'audience des lycéen·nes, ne répond à l'expression de l'inquiétude des premier·es concerné·es par les pertes sèches d'heures d'enseignement dans les lycées que par une manœuvre autoritaire et méprisante, qui au motif de leur rappeler leur obligation d'assiduité, nie littéralement l'expression de leurs revendications, dans la lignée des arrestations arbitraires et gardes à vue infligées par les forces de police.

Nous réitérons : les lycéen.nes ont le droit total et inaliénable de se battre pour l'amélioration de leur conditions d'étude et leur avenir. Car contrairement au projet d'école des gouvernements successifs et visiblement du DASEN, nous concevons les jeunes en formation comme les acteur·ices de la société de demain : préparer son avenir, c'est se former, mais c'est aussi et surtout se battre collectivement pour une société plus juste, plus émancipatrice, en paix où le travail rime avec dignité et non avec exploitation.

Dès lors, nous exigeons immédiatement :

  • l’arrêt de toute procédure d’identification et de fichage des élèves mobilisés ;
  • le respect des droits des lycéen·nes à s’exprimer et à se mobiliser,
  • l’abandon de toute forme de pression ou de sanction disciplinaire envers les élèves et leurs familles ;
  • l’ouverture d’un dialogue réel avec les élèves sur leurs conditions d’étude en répondant positivement à la demande d'audience collective des établissements mobilisés (élèves, personnels et parents)

Nous appelons l’ensemble des personnels, des parents et des organisations à se mobiliser pour défendre les droits des élèves.

Car défendre les lycéens aujourd’hui, c’est défendre l’école publique demain.

Nous continuerons à défendre une école qui forme à la démocratie par la démocratie, et non en réprimant par la peur ou l’arbitraire.

Nos organisations syndicales vont saisir les instances compétentes (CNIL et défenseur des droits) pour vérifier les aspects réglementaires et le cas échéant, engageront les procédures nécessaires.