CSA – Académique du 30 mars 2026 : Déclaration des syndicats SUD éducation Aix-Marseille

Monsieur le recteur,

Mesdames et messieurs les membres du CSA académique,

Ce CSA se tient dans un contexte de tensions sociales et éducatives particulièrement fortes, qui traduisent l’impasse des politiques menées dans l’Éducation nationale depuis plusieurs années.

Comme SUD éducation l’a dénoncé au niveau national dans le cadre du CSA MEN du 17 mars, les choix ministériels reposent sur une logique d’austérité budgétaire et de réformes imposées, sans moyens et sans prise en compte des réalités du terrain. Cette politique produit une dégradation continue du service public d’éducation, aggravant les inégalités et mettant en difficulté personnels comme élèves.

Dans l’académie d’Aix-Marseille, ces orientations se traduisent concrètement par :

  • des suppressions ou redéploiements de moyens au détriment de nos conditions de travail et des conditions d'accueil, d'accompagnement et d'apprentissage des élèves,
  • des classes surchargées,
  • des dispositifs d’aide en recul,
  • une école inclusive toujours empêchée faute de personnels et de moyens adaptés.

Nous faisons le constat que les élèves qui ont le plus besoin d'école et de conditions d'apprentissages adaptées vont à nouveau être les premiersRES touchéEs par ces mesures austéritaires: suppressions de dédoublement en quartiers prioritaires, suppressions de postes spécialiséEs... Comment comptez-vous, dans ce contexte, Monsieur le Recteur, garantir la même école pour tousTEs et sur tous les territoires de l'académie? Face à cette situation, la mobilisation s’est installée dans de nombreux lycées des Bouches-du-Rhône, avec des élèves et des personnels qui refusent la dégradation de leurs conditions d’étude et de travail depuis plusieurs semaines.

Ces mobilisations ne sont pas anecdotiques : elles expriment une colère profonde face à un service public affaibli, où la baisse des moyens signifie concrètement moins d’options, moins d’accompagnement et des conditions d’apprentissage dégradées. Les lycéenNes fortement mobiliséEs sont parfaitement conscientEs des choix budgétaires qui sont faits actuellement. Ils-ELLES le crient haut et fort, ils-ELLEs veulent des moyens pour l’école et pas pour une économie de guerre !

Alors que sur le territoire de notre académie, de nombreuses mairies ont été remportées par des candidatEs d'extrème-droite, cet engagement de la jeunesse pour une société plus juste et une éducation de qualité est un signe d'espoir. Pour SUD éducation, les programmes réactionnaires et autoritaires de l'extrême-droite sont un danger mortel pour notre société et pour le modèle d'école émancipatrice que nous défendons.

C'est pourquoi nous sommes inquietEs des positions réactionnaires de notre propre administration quand autorisation est donnée aux forces de l'ordre de réprimer les lycéenNEs. SUD éducation dénonce avec la plus grande fermeté la réponse apportée par les établissements scolaires, l'administration et les pouvoirs publics à cette mobilisation de la jeunesse.

Depuis plusieurs semaines dans l’académie :

  • des lycéenNEs mobiliséEs sont intimidéEs, interpelléEs, placéEs en garde à vue ;
  • des dispositifs policiers massifs sont déployés devant les établissements ;
  • des interventions violentes ont lieu aux abords des lycées.

Des élèves ont été arrêtéEs jusque chez eux, avec des gardes à vue prolongées, dans un contexte de multiplication des charges et des intimidations.

Pour SUD éducation, cette situation est extrêmement grave : répondre par la force à une mobilisation lycéenne légitime constitue une dérive autoritaire inacceptable et une négation du droit d'expression des enfants inscrit dans la Charte internationale des droits des enfants de 1989. Se mobiliser, manifester, crier des slogans ou les afficher sur des murs, ce sont de formidables moyens pour les élèves de s'exprimer, d'exercer leur esprit critique, de comprendre et d'agir sur le monde qui les entoure et ainsi de participer à une vie de citoyenNEs engagéEs pour transformer notre société.

Nous rappelons donc que :

  • les lycéen·nes ont le droit de se mobiliser,
  • leur combat pour des moyens est légitime,
  • la violence d’État ne peut en aucun cas être une réponse politique.

Dans ce contexte, SUD éducation réaffirme son soutien total aux élèves mobiliséEs, ainsi qu’aux personnels engagéEs à leurs côtés.

Nous demandons au rectorat d’Aix-Marseille de prendre position pour faire cesser immédiatement ces violences et cette répression.

Au-delà des mouvements des lycées sur notre territoire, la mobilisation en cours s’inscrit dans un cadre plus large : celui d’un rejet des politiques d’austérité qui frappent l’École publique.

Dans les écoles, les collèges et les lycées, SUD éducation appelle l'ensemble des personnels à amplifier la mobilisation, notamment dans le cadre de la grève intersyndicale du 31 mars, pour défendre :

  • des moyens à la hauteur des besoins sur tous les territoires, urbains comme ruraux
  • de meilleures conditions de travail pour les personnels
  • de meilleures conditions d'apprentissage et le respect des droits de tousTEs les élèves au sein de l'école publique
  • une école publique réellement émancipatrice
Comme d'autres organisations syndicales, nous soutenons la demande d'audience collective des lycées qui l'ont portée sur la question de leurs moyens. Parce que le manque de moyens est une question structurelle qui ne peut être réglée au cas par cas, nous vous demandons, M. le Recteur, d'y répondre favorablement.

Nous sommes également très inquietEs des positions porteuses de discriminations de notre propre administration quand des difficultés sont faites dans des établissements scolaires sur le bénéfice d'une autorisation d'absence pour l'Aïd. Que les nécessités de service obligent à des aménagements des services est une chose. Qu'elles justifient des refus systématiques et pour l'ensemble d'une équipe les autorisations d'absence est inacceptable. Qu'elles servent à détourner le principe de la laïcité en invoquant une possible discrimination entre croyantEs et non croyantEs comme a pu l'affirmer par écrit unE IA-IPR Établissements Vie Scolaire est une honte sur laquelle nous vous demandons, M. le Recteur, de revenir.

Pour terminer, SUD éducation se félicite du versement rétroactif des primes REP/REP+ aux AED et AESH qui a débuté ces derniers jours. Il s'agit d'une victoire obtenue par notre organisation suite à un arrêt du Conseil d'État dans le cadre d'un recours que nous portions avec de nombreuses AESH.
Cependant, nous continuons de dénoncer la prime au rabais dont bénéficient les AED et les AESH. Les AED et les AESH sont confrontéEs aux mêmes problématiques que les enseignantEs dans les établissements REP et REP+. Il est anormal que la prime qui leur est versée depuis 2022 ne soit pas au même taux. Cela participe, comme de nombreux autres éléments imposés par l'administration aux AED et AESH, à la précarité de leurs conditions d'emploi et de travail. Parmi les nombreuses revendications qui doivent aboutir à la titularisation de ces personnels et à une rémunération digne, SUD éducation réclame l'alignement des primes REP/REP+ des AED et AESH sur le taux le plus élevé.
Sur ce sujet encore, nous vous avions également alerté, M. le Recteur, sur les incidences que pourraient avoir les versements importants de ces primes sur le montant des aides sociales perçues par les AED et les AESH. Pour éviter une diminution de ces aides, les personnels doivent produire auprès de la CAF des attestations de salaire net après déduction des versements liés à la rétroactivité de la prime REP/REP+. Nous vous demandons, M. le Recteur, que les services académiques envoient ces attestations de manière automatique à tous les personnels concernés afin d'éviter tout non recours d'un ou unE AESH insuffisamment informéE sur cette question.